Présentation de la recherche Managia (2025–2026)
En 2025–2026, la Chaire Managia x Strate Ecole de Design Lyon, sous la direction scientifique de Fanny Parise, mène deux grands projets de recherche avec des industriels de la domotique et du transport, consacrés au futur de nos modes de vie à l’ère de l’IAG — lus à travers la grille de l’animisme industriel (objets outillés comme partenaires d’action, dotés de rôles, de voix et de rituels).
Principe commun des deux programmes
100 étudiants travaillent en binôme.
Chaque binôme produit un cahier d’idées en ethno-design articulant :
une enquête de terrain (usages, imaginaires, micro-normes d’interaction),
un artefact spéculatif (prototype critique rendant tangible la relation humain–machine).
Apports spécifiques
Dans l’habitat connecté (domotique), les objets ne sont plus de simples interfaces, mais des co-habitants : on observe leurs personnifications (assistant, gardien, confident), les rituels d’usage qui émergent (mises en scène, salutations, consentements), et les chaînes de responsabilité lorsqu’ils agissent “à notre place”.
Dans la mobilité (transport), les systèmes deviennent des co-pilotes : on étudie les transferts d’agentivité, la confiance et la délégation (qui décide, quand, sur quoi), ainsi que les temps invisibles (attente, supervision, correction) qu’introduisent les IA embarquées.
Finalité scientifique et opérationnelle
Documenter finement la manière dont l’IA reconfigure la vie quotidienne en instaurant de nouvelles alliances entre humains et artefacts.
Expérimenter des futurs d’usage souhaitables via des récits, maquettes et protocoles qui rendent discutables les enjeux de dépendance, autonomie, traçabilité et soutenabilité.
À travers ces deux recherches collaboratives, Managia affirme son rôle de laboratoire de prospective socio-technique : un espace où les mondes industriel, académique et créatif s’allient pour concevoir, tester et débattre des futurs possibles.
Positionnement scientifique
La Chaire Managia conduit un programme de recherche pluridisciplinaire consacré à l’étude des transformations sociales, culturelles et organisationnelles engendrées par l’intelligence artificielle.
Elle mobilise les outils de l’anthropologie, du design de recherche et des sciences de gestion pour comprendre la manière dont ces technologies reconfigurent les pratiques, les imaginaires et les structures de pouvoir dans les mondes du travail, de la création et de la décision.
L’enjeu n’est pas seulement de documenter l’innovation technologique, mais d’en analyser les effets sociaux, d’en expérimenter les usages et d’en modéliser les futurs possibles, en intégrant la question de la soutenabilité cognitive, écologique et symbolique.